« Dans le café de la jeunesse perdue », Patrick MODIANO

De Patrick Modiano, j’avais lu il y a bien longtemps « La ronde de nuit ». Je me souviens que le livre m’avait plu, mais à part ça…

Depuis, entre Modiano et moi, plus rien !

Lorsque « Dans le café de la jeunesse perdue » est paru, il a suscité des éloges dithyrambiques dans la presse… mais un peu moins chez mes copines lectrices. « Ouh la la ! C’est vraiment sinistre ! », « Si t’as pas le moral, je te le déconseille ! ».

Alors, c’est pas que j’avais pas le moral, mais, vous comprenez, j’étais un peu réticente !

Et finalement, il y a peu, je me suis décidée à y entrer, dans ce fameux café !

Pour, dès les premières pages du roman, être prise sous le charme d’une voix (même si, en réalité, il y a plusieurs voix dans ce roman, où les narrateurs et donc les points de vue se succèdent, au fil des chapitres). J’ai aimé ce phrasé, cette manière d’évoquer en demi-teintes des faits et des gens, d’esquisser des portraits d’individus ou de lieux, d’un trait de crayon aux contours plus ou moins distincts.

Bien sûr, il y a une histoire (vous savez, ce fameux fil narratif dont je supporte mal l’absence !). Le personnage central est Louki, alias Jacqueline Delanque (reconnaissez-le, ça sonne rudement moins bien que « Louki » !). Qui est-elle ? Que fait-elle dans ce café, le Condé ? Le roman-enquête le révèle, pourtant Louki conservera sa part d’inconnaissable.

Sans doute parce qu’il est aussi difficile de cerner un être que de cartographier une ville. Pour y parvenir, certains des protagonistes du roman développent d’ailleurs des théories, passerelles entre l’imaginaire et le concret, celle des « points fixes », pour ancrer les gens dans le réel ou celle des « zones neutres » pour mieux appréhender l’espace parisien.

Roman déambulatoire (qui, par moments, m’a rappelé « Un homme qui dort », de Georges Pérec), « Dans le café de la jeunesse perdue » emmène le lecteur sur des chemins de mémoire, au fil d’un style hypnotique.

J’ai fermé le livre à regret.

« Dans le café de la jeunesse perdue », Patrick MODIANO

éditions Gallimard

(réédition d’un article paru le 7/05/2008)

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