Veules les roses, un petit village de la côte d’albâtre à découvrir

Il était une fois une amie qui m’avait (plus que) fortement recommandé, depuis quelque temps déjà, de découvrir le petit village côtier de Veules les roses, sur la côte d’albâtre (à 27 kms au sud de Dieppe).
C’est chose faite et je reconnais qu’elle avait raison, le lieu mérite le détour. Nous ne l’avons pourtant pas vu dans les meilleures conditions, car le temps était gris. Malgré un ciel plombé pas du tout propice aux photos (raison pour laquelle je n’ai même pas cherché à photographier le front de mer), j’en ai pris quelques-unes que je lui dédie. Elles vous donneront un aperçu du circuit (dépliant à l’office de tourisme) que nous avons suivi, cheminant entre jolies demeures ou chaumières, avec des moulins, une cressonnière… Bref, si vous en avez l’occasion, n’hésitez pas à parcourir à votre tour les ruelles de cette station balnéaire pleine de charme.



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“Room”, Emma DONOGHUE

Je m’appelle Jack. J’ai cinq ans (aujourd’hui !) et des journées très occupées dans la Chambre avec Maman. J’ai aussi le droit de regarder Madame Télé, mais pas trop longtemps car maman dit que ça moisit le cerveau. On y voit des tas de gens et de choses qui n’existent pas pour de vrai.
Le soir, je vais me coucher dans Petit Dressing et Maman ferme bien les portes parce que Grand Méchant Nick va venir : il sait que je suis là mais Maman ne veut surtout pas qu’il me voie. J’entends le bip bip de madame la Porte et Grand méchant Nick arrive et apporte les choses qu’on lui a demandées, enfin pas toutes. Maman a une drôle de voix quand elle lui parle, elle a peur de lui, je crois.
Un jour, Grand Méchant Nick donne à Maman des a-mal-gésiques exactement comme ceux dans Madame Télé.
Alors, Maman m’explique, parce que je suis devenu plus grand et que je pose beaucoup de questions, que les choses dans Madame Télé existent en vrai, derrière les murs de la Chambre…

La première partie du livre est consacrée à la description minutieuse des journées dans la Chambre, riches de la multitude de micro-activités que la mère de Jack a su créer. J’ai eu un peu peur que cela s’éternise et que je me lasse, mais ce ne fut pas le cas. Passée cette étape d’exposition, en effet, la situation évolue et avec elle le cadre initial. Si bien que je n’arrivais pas à décoller du livre, captivée par un récit que je vous laisse découvrir, raconté par un gamin attachant et d’une grande vivacité d’esprit, dont l’auteur a su rendre la voix très crédible.
Il offre au lecteur, au-delà du plaisir lié à la tension dramatique de l’histoire elle-même, des tas de pistes d’approche : perception de la réalité (la caverne de Platon n’est pas loin), mensonge et vérité, de l’art d’éduquer (ou l’imagination au pouvoir) , de l’art d’aimer et de transmettre, l’éveil d’une intelligence et du sens critique, la force de la vie malgré tout ; la résilience et l’amour encore, qui permet de dépasser les souffrances et de continuer sa route.

Sur un sujet qui a priori ne m’attirait pas car je lui trouvais un côté glauque et voyeur rédhibitoire, Emma Donoghue a construit un roman passionnant et d’une rare sensibilité.

« Room », Emma DONOGHUE
Editions Stock, collection La Cosmopolite (400 p)
Paru en août 2011

Les avis de Emeraude , Enna, Choco, Joelle, Val-m-les-livres, Zarline, Véronique,  In Cold Blog et Kathel : merci à tous ces blogueurs qui ont fini par me donner envie de lire ce roman (sans eux, j’aurais raté quelque chose).
L’avis d’Aifelle (qui l’a lu à peu près en même temps que moi).

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Etretat au printemps (lire : météo variable)





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“Algernon, Charlie et moi”, Daniel KEYES

« Des fleurs pour Algernon » est, je crois, le premier roman de science-fiction que j’aie lu et ce fut un coup de cœur. J’avais 16 ans, m’indique la date notée sur le livre, un livre précieusement gardé, lu depuis par mes deux filles qui l’ont aimé tout autant. C’est d’ailleurs à l’une d’elles que j’ai, à Noël, offert « Algernon, Charlie et moi », judicieusement sous-titré « Trajectoire d’un écrivain ». Lire la suite

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“Sur mes brizées” a…


Et il poursuit sa route tranquillement (vous l’avez constaté ;)  !), le rythme de ses publications reflétant celui de mes lectures (des périodes avec et des périodes sans) et de mes envies d’en parler.
Seule cette absence de contrainte me permet de l’envisager dans la durée parce qu’elle rime avec plaisir.
MERCI à tous ceux qui passent ici, régulièrement ou occasionnellement et à tous ceux qui laissent un commentaire et rendent ces pages plus vivantes : sans vous, ce blog n’existerait pas !

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“En un monde parfait”, Laura KASISCHKE

Jiselle, ravissante hôtesse de l’air âgée d’une petite trentaine d’années, décroche le gros lot lorsque le commandant Mark Dorn, très séduisant pilote de ligne convoité par l’ensemble de ses consœurs, la demande en mariage. Seul bémol, Mark est veuf et doté de trois enfants, deux grandes filles et un petit garçon. Cela n’empêche pas Jiselle d’accepter sa proposition. Elle le suit donc pour habiter avec ses enfants près de St Sophia, jolie bourgade américaine de carte postale, dans une pittoresque petite maison en bois perdue au bout d’un chemin, au bord d’une ravine. En l’absence de Mark, toujours parti sillonner les airs, la cohabitation n’est pas aisée et ce d’autant plus que les conditions de vie sont en train de connaître un changement radical. Une épidémie de grippe, dite grippe de Phoenix, se propage en effet à travers le monde et, au fur et à mesure que le nombre de victimes augmente, le confort matériel s’effrite et l’avenir devient de plus en plus incertain…

Je ne compte plus le nombre de romans post-apocalyptiques que j’ai lus et j’ai pourtant eu envie de découvrir cette variation-ci sur le thème, publiée en littérature générale et écrite par un auteur pour lequel ma seule expérience de lecture (« A moi pour toujours ») s’était soldée par une déconvenue (alors que ce livre est plutôt bien apprécié).
En réalité, j’ai failli débuter la présentation ci-dessus par « Il était une fois une belle hôtesse de l’air… » (après avoir abandonné mon idée initiale, du style « Barbie hôtesse de l’air et Ken pilote de ligne se marient… »), mais finalement cette entrée en matière un peu ironique n’aurait pas manqué de pertinence. Car, pour moi, ce récit peut être assimilé à un conte, ce n’est pas innocemment que l’auteur, à plusieurs reprises, met en scène Jiselle lisant des contes à Sam, le fils de son mari.
Le décor (la petite maison dans les bois) et les personnages, une nouvelle mère (pas une marâtre, puisque Jiselle est tout sauf méchante) confrontée à ses belles-filles (la méchanceté est plutôt de leur côté), nous y font d’emblée penser. Par la suite, le récit ne s’embarrasse guère du monde extérieur, brossé rapidement, essentiellement grâce aux quelques (rares) incursions de Jiselle hors du périmètre domestique. Le projecteur est braqué sur la maison et ses habitants (plus quelques personnages invités), on sait que le danger plane (la maladie, le manque d’électricité, puis de carburant et de vivres…) mais Jiselle veut que la vie continue et fait tout pour.
Cette drôle de chronique d’un quotidien en proie au changement, émaillée de micro péripéties, se laisse lire, même si j’ai trouvé les personnages trop schématiques pour être vraisemblables. On est curieux de voir comment Jiselle va faire face, la manière dont ses relations avec les enfants évoluent, on observe les modifications progressives d’une vie de plus en plus isolée du monde et on se demande jusqu’à quel point l’étau autour de la maison peut se resserrer…

« En un monde parfait » distille sa petite musique vaguement inquiétante au lecteur adulte qui jouerait à se faire peur (et si, un jour…), jusqu’à une fin que certains jugeront maligne et d’autres trop facile.

« En un monde parfait », Laura KASISCHKE
Editions Christian Bourgeois (332 p)
Paru en octobre 2010
Disponible aussi en livre de poche.

Yspaddaden a été déçue et Clara a un avis mitigé, mais sinon j’ai l’impression que les avis vont plutôt de très positifs à enthousiastes, comme vous le constaterez en allant lire ou relire les billets de :  Kathel, LilibaJoëlle, Cachou, Véronique …

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“L’insoutenable légèreté de l’être”, Milan KUNDERA

Prague (Tchécoslovaquie), en 1968
Tomas est un chirurgien réputé. Et aussi un homme qui aime les femmes. Parmi elles, Sabina, une artiste qui semble le cerner mieux que les autres mais aussi la toute jeune Tereza, que le hasard a déposée sur son chemin et qui s’est installée chez lui.
Franz est un professeur, marié à une épouse qu’il n’aime plus guère. Il trouve en Sabina une femme qui l’extrait avec bonheur de son quotidien.
Les bouleversements politiques liés au printemps de Prague auront une influence décisive sur la vie de ces personnages…

J’ai lu ce roman sur pas loin de deux mois et je l’ai achevé en sachant que je le relirais (mais n’est-ce pas là la marque des plus grands, qu’une seule lecture ne peut épuiser ?).
Ma lecture morcelée ne m’a pas gênée. Car certes il y a une histoire, mais ce n’est pas elle qui m’a retenue, pour moi elle était accessoire et dès lors le délai n’avait plus d’importance. Seule comptait, à chaque reprise, la densité du fragment découvert (mais sans doute une relecture me permettrait-elle de mieux appréhender la manière dont chacun s’ajuste aux autres et d’améliorer ainsi ma vision d’ensemble de la pensée de l’auteur).
Le récit est introduit de manière surprenante par quelques pages de réflexion sur le mythe de l’éternel retour, exposant notre impossibilité à rejouer nos vies. Composé de chapitres courts brossant le parcours des divers protagonistes, il est entrecoupé des considérations diverses qu’il suscite au fur et à mesure chez l’auteur. Elles sont parfois isolées sous la forme de notes brèves, sortes de micro essais thématiques sur les sujets les plus variés, du hasard aux mots incompris (fidélité, trahison, cortèges, cimetière…), dont l’auteur dresse un « Petit lexique » en passant par quelques réflexions sur Beethoven sans oublier, bien sûr, la théorie relative au « kitsch ».
Il n’est guère besoin, ici, de croire et de s’attacher aux personnages (mais je ne dis pas qu’on ne peut pas y croire ni s’y attacher). L’auteur lui-même apparaît à diverses reprises pour rappeler qu’ils sont des personnages et le but dans lequel il les a créés, afin d’emprunter des voies qu’il aurait pu prendre et c’est ainsi que leurs vies et leurs questionnements nous renvoient directement aux siens et finalement aux nôtres.
Le roman dépasse donc l’histoire et l’analyse de la personnalité de ces quelques individus. Sous l’apparente simplicité d’un style très fluide et accessible, tout en immédiateté, il a une dimension psycho-politico-philosophique telle (l’essence des êtres et de quoi leurs rêves sont faits, les liens qu’ils nouent entre eux et leur solitude, le groupe organisé autour d’une idéologie…) qu’il s’y trouve en permanence matière à réflexion(s).

Traçant quatre trajectoires individuelles, « L’insoutenable légèreté de l’être » illustre à sa manière une époque et un lieu particuliers (la Tchécoslovaquie pendant et après le printemps de Prague) mais aussi une certaine conception du monde.

« L’insoutenable légèreté de l’être », Milan KUNDERA
Editions Folio (455 p)
Traduit du tchèque par François Kérel en 1984
Traduction revue par l’auteur en 1987

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