LA piste à éviter : celle du Marsupilami !

Non, ne faites pas comme ma fille cadette, m’assénant un « Je te l’avais bien dit ! » (je précise qu’elle n’avait pas vu le film mais elle était, a priori, plus que dubitative) pour ponctuer d’emblée le « ATTERRANT ! » dont j’ai qualifié, à mon retour, « Sur la piste du Marsupilami » !
Parce que j’y croyais, moi, à ce film !
La faute aux critiques journalistiques, toutes positives (pour preuve, ce récapitulatif ici) (même chez les Inrockuptibles, les fourbes !) (et la bande annonce pique les seuls petits trucs vaguement marrants) ! Et puis, moi, je ris facilement (pensais-je !), ma fille aînée aussi, c’est donc elle que j’ai entraînée (dans cette galère ! me pardonnera-t-elle un jour ?!) à ma suite, persuadée que nous allions toutes les deux passer un agréable moment de rigolade.
Hélas ! Dès les premières scènes, on s’est regardées, consternées, tant c’était mal joué et/ou pas drôle pour un sou (voire carrément vulgaire, pour la scène du chihuahua…). Au bout d’un moment, fille aînée voulait partir. Mais mère indigne tint à rester… parce qu’elle voulait pouvoir casser ensuite. Bien lui en a pris quand même (à la mère indigne), parce que, sans cela, elle aurait raté le numéro de Lambert Wilson en Céline Dion et ça (vu qu’elle aime Lambert Wilson depuis toujours, même qu’elle l’a vu il y a trèèès longtemps au théâtre dans « Léocadia » , comme elle il était jeune et beau, OK il est maintenant moins jeune mais toujours aussi beau… oui, dites-le, comme elle ;) !), ça aurait été vraiment dommage.

En conclusion, il n’y a que deux choses à sauver dans ce film :
- les Marsupilamis, trop mignons (et leur nid, aussi)
- Lambert Wilson lorsque Céline Dion s’empare de son corps (trop d’chance !) (le reste du temps il est souvent en marcel, ce qui permet d’admirer ses bras tout musclés, trop bien)

Pour le reste, FUYEZ !

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J’ai enfin vu “Dancer in the Dark”…

ATTENTION, billet qui n’hésite pas à spoiler, vous êtes prévenus !

J’ai enfin vu « Dancer in the Dark », de Lars von Trier…
Vous me direz que j’y ai mis le temps (c’est vrai, c’est juste un film sorti en 2000…). Mais il faut savoir que, après le choc ressenti lors de ma rencontre initiale avec Lars von Trier, avec « Breaking the waves », j’avais comme qui dirait tendance à éviter le réalisateur, à passer prudemment au large quand un de ses films sortait.
J’ai pourtant récidivé l’année dernière avec « Melancholia ».
Mais avec « Dancer in the Dark », j’avais un blocage. J’avais aperçu de vagues extraits, rien compris à ce qui se passait (ni cherché à comprendre), pourtant ce film avait obtenu la Palme d’or au festival de Cannes et Björk le prix d’interprétation féminine, sans que cela réussisse à me convaincre.
Maintenant que je l’ai vu, je me dis que j’avais sans doute raison de me méfier. Bref, c’est fait, j’ai satisfait ma curiosité de cinéphile (sauf que, quand je suis allée me coucher, j’avais un peu le moral dans les chaussettes, après l’image de fin, bien plombante !).
Bon, je ne vais pas vous refaire le même coup qu’après « Melancholia », avec une reprise du « j’ai aimé ou j’ai pas aimé ? ». Si je veux faire simple, je dirai que la balance penche nettement du côté négatif, il y a décidément pas mal de choses qui ne m’ont pas plu dans ce film.

L’histoire, avant tout. Improbable (Selma devient aveugle mais personne ou presque ne s’en rend compte alors qu’elle travaille dans une usine), mélodramatique en veux-tu en voilà et virant carrément au grand guignol dans la scène où le voisin-policier-propriétaire de la caravane qu’elle loue demande à Selma de le tuer et où elle finit par s’acharner sur lui comme une folle (et, à ce moment-là, oui, je pense qu’elle a basculé du côté de la folie, ponctuellement, parce que la situation est telle qu’il y a de quoi perdre la raison).
Du côté négatif, il y a aussi Catherine Deneuve, même pas peur de le dire (enfin si, un peu), avec son accent français à couper au couteau et un jeu manquant d’authenticité (mais ce n’est pas la première fois que je la trouve un peu à côté du rôle qu’elle tient, pas vraiment naturelle). Björk, elle, a par moments un petit air allumé-bizarre, mais on se dit que ça colle plutôt bien avec son personnage, innocent mais aussi capable de basculer d’une minute à l’autre de la réalité à un monde fantasmagorique.
Enfin, la manière de filmer les dialogues, dans toute la première partie, en zoomant alternativement d’un personnage à l’autre, de manière saccadée, m’a été très désagréable.

Ce qui m’a plu, alors ?
L’idée originale, celle sans laquelle je n’aurais pas pu regarder ce film jusqu’au bout : doter l’héroïne d’une incroyable capacité à capter les sons qui l’environnent, de quelque nature qu’ils soient (les bruits de l’usine, par exemple) pour les transmuer en musique. A partir de là, elle recrée un univers parallèle où tout devient chant et danse, pour s’y projeter comme dans ces comédies musicales qu’elle aime tant et dans lesquelles elle joue pendant ses moments de loisirs. Une très belle trouvaille, qui fonctionne à merveille et propulse le film dans une dimension ludique et magique, un vrai bonheur.
Allez, soyons, malgré tout, positive : ce sont ces quelques séquences-là, où le film passe de l’autre côté du miroir, que je retiendrai !

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“Les revenants”, de Laura KASISCHKE

Shelly Lockes a été la première sur les lieux de l’accident de voiture qui a coûté la vie à Nicole, la jeune et belle étudiante de l’université Godwin. Et elle enrage de constater que, malgré ses interventions répétées, la version donnée par la presse ne prend pas en compte son témoignage.
C’est le petit ami de Nicole, Craig, qui était au volant. Quelques mois plus tard, après une période psychologiquement très difficile, il tient à revenir poursuivre ses études dans la même université. Il est à nouveau en colocation avec Perry, qui connaissait lui aussi Nicole, mais depuis leur enfance puisqu’elle était originaire de la même ville que lui.
Fortement ébranlés par les événements, Craig et Perry le sont encore plus lorsqu’ils constatent que la présence de Nicole semble littéralement hanter le campus.
Perry décide alors de s’inscrire au séminaire d’anthropologie culturelle proposé par le professeur Mira Polson, « La mort, mourir et les non-morts », pour les aider à y voir plus clair.

Si l’action se situe au moment où Craig retourne, quelques mois après l’accident, à l’université, le récit est parcouru de retours en arrière qui permettent de retracer son arrivée sur le campus à la rentrée précédente et la manière dont il s’est lié à Nicole.
Outre Craig, on suit les pas de Perry, son compagnon de chambre. On fait aussi intimement connaissance de son professeur, Mira, dont le mari, père au foyer (désespéré), se charge d’élever (comme il peut) leurs deux très turbulents petits jumeaux. Quant à Shelly, le témoin, une femme d’âge mûr qui travaille au secrétariat de la Société de musique de l’université, elle prend au fil de l’histoire une place plus importante.
C’est donc autour de ces quatre personnages que Laura Kasischke construit, fort habilement, un récit énigmatique. Entrelaçant les fils du passé et du présent, il plonge le lecteur dans le milieu très particulier des campus américains et de leurs associations estudiantines (fraternités et sororités), aux curieux rituels.
J’ai apprécié le talent avec lequel l’auteur dépeint le cadre de l’action, évoquant notamment, en quelques traits rapides, les saisons et les couleurs que prend l’architecture du campus. Et j’ai été, sans conteste, séduite par le caractère mystérieux de l’histoire autant que par la réflexion qu’elle propose quant à notre attitude face à la mort.
Pourtant, sans pouvoir déceler objectivement des longueurs dans ce roman, j’y ai trouvé le temps un peu long. Sans doute parce que les protagonistes ne parvenaient pas  vraiment à me toucher, si bien que je ne me suis finalement sentie concernée ni par eux, ni par ce qui leur arrivait. Rarement, en effet, j’ai autant eu l’impression que les personnages étaient des figures au sein d’un récit, à ne pas confondre avec des êtres réels ou vraisemblables, Mira exceptée, la seule que j’ai trouvée authentique. Tous sont, sinon d’une beauté à couper le souffle, du moins préservés de la moindre disgrâce, voire littéralement emblématiques (comme Nicole, blonde et rayonnante, dont on nous dit qu’”elle était LA jeune fille américaine”). Au point qu’ils pourraient pour certains devenir interchangeables, pour reprendre le qualificatif de l’auteur.
Chez Laura Kasischke, il me semble que l’angle d’attaque sociétal est spécifique : elle joue sur la mise à distance produite par l’utilisation, volontaire, de certains clichés et elle opère froidement, taillant dans le vif pour traquer les faux-semblants non seulement d’un microcosme mais aussi de la société dont il fait partie. L’ensemble fonctionne mais, pour ma part, je conserve une position d’observatrice, sans m’impliquer plus avant.

Après « A moi pour toujours » et « En un monde parfait », « Les revenants » est le troisième (et dernier ?) roman de Laura Kasischke que je découvre et je ne suis toujours pas emballée. Question de sensibilité personnelle, car l’écriture et la structure en sont d’une indéniable élégance.

« Les revenants », Laura KASISCHKE
Editions Christian Bourgois (598 p)
Paru en septembre 2011

D’autres avis (tous positifs, voire enthousiastes) chez : Joëlle, Kathel, Leiloona, Voyelle et Consonne, Cachou, Véronique, Choco, Sylvie, Enna, Aproposdelivres …

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“Le sang des pierres”, Johan THEORIN

En mars, sur l’île d’Öland (Suède), Gerlof Davidsson décide de quitter la maison de retraite pour retourner vivre dans le village côtier de Stenvik. Sur place, il reprend possession de sa petite maison et découvre deux nouvelles et prestigieuses demeures, construites à proximité d’une ancienne carrière.
C’est dans l’une d’elles que viennent habiter Vendela , qui a passé son enfance sur l’île, et Max Larsson, son mari depuis dix ans, auteur à succès dans l’ombre duquel elle vit. Mais elle-même a décidé d’écrire, en secret, un manuel sur les Elfes. Elle est en effet persuadée, compte tenu de ce qu’elle a vécu sur place autrefois, qu’ils ne font pas seulement partie comme les Trolls du folklore îlien, mais existent réellement.
Nouveau voisin lui aussi, Peter Mörner s’installe dans la petite maison dont il a hérité. Il vit séparé de sa femme, avec à mi-temps ses jumeaux de 13 ans, Jesper et Nilla, dont l’état de santé est préoccupant. Le moment lui paraît donc mal choisi pour que son père, avec lequel il a depuis longtemps coupé les ponts, reprenne contact avec lui et lui demande son aide.
Avec son père, c’est le passé de celui-ci qui rattrape Peter, bien malgré lui. Le passé aussi qui hante Vendela dans sa vie actuelle. Et le passé encore qui ressurgit des carnets intimes de l’épouse de Gerlof, qu’il se risque soudain à lire.
Et les remous qui s’ensuivent ne sont pas sans conséquence…

Cela faisait un sacré bout de temps que je n’avais pas lu de polar et l’envie de replonger dans l’un d’eux me titillait depuis un moment. Sauf que je ne voulais pas quelque chose de trop glauque, ni une enquête de type classique centrée sur la figure d’un policier (récurrent) qui va interroger les uns et les autres, mais plutôt une affaire concernant des gens comme vous et moi (enfin, presque). Je faisais ma difficile, quoi !
Toujours est-il qu’en farfouillant une fois de plus dans les rayons d’une des médiathèques lilloises, je me suis trouvée nez à nez avec cet opus de Theorin et j’étais sûre et certaine d’avoir aperçu de bons échos à son sujet sur les blogs. Un œil à la quatrième de couverture et j’étais séduite par la présentation de l’histoire. Une vague hésitation (était-ce ou non le troisième d’une série ou pouvais-je le lire directement ? en fait, il y a bien un personnage récurrent, Gerloff, mais il n’occupe pas la place centrale, donc ce n’est absolument pas gênant de ne pas avoir lu les précédents, l’histoire est indépendante) et hop, embarqué, le bouquin, direction la Normandie (où, je ne vous apprendrai rien, il peut pleuvoir !).
Et vous savez quoi ? Eh bien, il m’a sacrément plu, ce polar ! Au point que, une fois commencé, j’avais du mal à en détacher mes pensées, je revenais vers lui pendant les promenades sur les falaises, échafaudant des hypothèses ou m’imaginant que je parcourais moi aussi les landes d’Öland, j’étais littéralement habitée par son atmosphère et ça, quoi qu’on en dise, ce n’est pas si fréquent.
C’est donc surtout cela, qui m’a impressionnée dans ce polar, l’atmosphère, celle d’une île que l’auteur arrive à rendre tellement présente qu’on a la sensation de s’y trouver projeté. J’ai vu la petite maison de Peter, les belles demeures de ses voisins et la carrière adjacente. J’ai couru sur la lande avec lui ou Vendela (même pas essoufflée, d’abord !). J’ai adoré voyager ainsi, au fil d’une histoire prenante, que l’auteur prend le temps d’installer mais sans jamais ennuyer, après un prologue brutal qui livre par anticipation quelques éléments sur l’intrigue à venir. Il pose ses personnages, deux d’entre eux en particulier, auxquels on s’attache, au point de s’inquiéter réellement à leur sujet. Et même si on ne va pas jusqu’à croire aux elfes, comme Vendela, on comprend que certains des habitants de l’île se laissent ainsi envoûter par elle.
Alors, certes, on pourrait reprocher le manque de connexion, in fine, entre les deux mystères à éclaircir, celui du côté de Peter (ou plus exactement de son père) et celui du côté de Vendela (que des allers retours entre le passé et le présent permettent de résoudre), puisque ces deux fils narratifs n’en viennent pas à se croiser, comme je croyais qu’ils le feraient. Mais je n’ai pas envie de chipoter car ce fut un excellent moment de lecture !

« Le sang des pierres », Johan THEORIN
Editions Albin Michel (425 p)
Paru en mars 2011

Repéré chez Kathel

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Façades de la Somme (3) : Amiens

Après Mers-les-bains et Saint-Valéry-sur-Somme, voici donc le troisième et dernier volet de ce petit aperçu des façades sommoises, avec la ville d’Amiens, que je visitais pour la première fois.




Pour finir, je vous propose ci-dessous un avant-goût de la Maison de Jules Verne qui, s’il est né à Nantes, a longtemps séjourné à Amiens, où il est mort. Cette maison n’est pas celle qu’il y avait achetée mais une demeure qu’il avait louée, la seule qui ait pu être récupérée pour en faire un lieu consacré à l’écrivain et à son oeuvre (c’est dans ce cadre qu’a été peinte la fresque qu’on peut voir dans la cour).
Je ne suis pas toujours sensible à ce genre d’entreprise, la vue des objets ayant appartenu à untel ou untel ne m’émouvant pas outre mesure, mais cette Maison de Jules Verne m’a enchantée. On y pénêtre en traversant un très agréable jardin d’hiver… que j’aurais bien voulu photographier mais les photos sont malheureusement interdites. Seule la salle à manger a été reconstituée à l’identique de ce qu’elle était au temps où Jules Verne habitait là. Pour le reste, les différentes pièces ont été utilisées pour reproduire ce qu’il avait pu connaître par ailleurs. Outre le petit bureau où il écrivait, on découvre ainsi sa bibliothèque, mais aussi celle de son éditeur, Hetzel, tout comme le bureau de celui-ci.
D’autres pièces sont consacrées pour l’une, à la reconstitution d’une cabine d’un des bateaux de Jules Verne, pour d’autres à la présentation de diverses éditions de ses oeuvres ou d’objets (cartes à jouer, maquettes…) gravitant autour de celles-ci.
Cette Maison de Jules Verne a le pouvoir de nous propulser dans l’imaginaire d’un écrivain visionnaire et je vous en recommande vivement la visite.

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“La liste de mes envies”, Grégoire DELACOURT

A 47 ans, Jocelyne n’attend plus grand-chose que la poursuite de sa petite vie tranquille à Arras. Elle tient une mercerie, un blog aussi, sur le même thème. Elle a deux enfants adultes qui ont quitté le nid. Et un mari (le prototype du beauf NDLR) plutôt beau gosse mais, elle en a de la chance, qui l’accepte, pardon, l’aime comme elle est devenue, grosse.
Et c’est alors que, patatras, ne voilà-t-il-pas qu’elle gagne 18 millions d’euros au Loto (mais qu’est-ce qui lui a donc pris d’y jouer ? la faute à ses deux copines, qui l’ont poussée !) !
Que faire de tout cet argent ?
Parce que l’argent, c’est bien connu, ne fait pas le bonheur (la preuve, il ne fera pas revenir sa maman, morte quand Jocelyne avait dix-sept ans) : il peut tout foutre en l’air, la vie qu’on mène, les relations avec nos proches ! C’est bien simple, l’argent est capable de pourrir tout ce et tous ceux qu’il touche.
Alors, Jocelyne dresse la liste de ses envies. Oh, des petites envies toutes simples, rien de révolutionnaire, juste des achats utiles et quelques extras un tantinet luxueux, mais ce n’est pas avec ça qu’elle viendra à bout des 18 millions.
Et, en attendant, elle ne parle à personne, surtout pas à son mari, de ce gain inespéré…

Il s’est passé un truc curieux, lorsque j’ai commencé la lecture de ce livre : j’ai douté qu’il se déroule à notre époque et il a fallu que je le vérifie au travers de quelques notations (celle de l’existence du blog de Jocelyne, notamment) pour en être convaincue. Notre héroïne m’apparaissait en effet si désuète dans sa relation aux choses et aux gens (son mari en particulier auquel elle reste soumise, malgré son indépendance financière), dans sa manière de les évoquer, que je croyais que l’action se déroulait dans les années 50 ou, au mieux, 70.
Ce risque de méprise surmonté, j’ai poursuivi ma lecture et je suis allée d’étonnement en étonnement (mais pas dans le bon sens du terme). Parce que, dans cette histoire, je me demande ce que je pourrais sauver (à part, peut-être, les relations que Jocelyne entretient avec sa fille). Si j’ai tourné les pages avec curiosité, c’est que j’attendais quelque chose de la part de Jocelyne (je me disais qu’il y avait en elle un potentiel de changement, elle évoquait ses rêves enfuis etc.)… qui n’est jamais arrivé. Car la dame a l’art de tourner en rond, tricotant des listes d’envie sans envergure, zéro prise de risque dans sa vie étant l’objectif. Quant au retournement intervenant dans la dernière partie du roman, je l’ai trouvé crédible sur le fond mais invraisemblable dans la forme (pour ne pas dire grotesque : franchement, concrètement, tout ça pour ça… zut, je ne peux pas argumenter davantage au risque de spoiler). Et ensuite, quid de la résilience ? Non, décidément, non, les profils psychologiques des protagonistes ne parviennent pas à me convaincre.
Et puis, dans ce livre, ce que je vois, moi, sous couvert de mettre en avant l’essentiel par opposition au matériel, c’est une manière de faire l’éloge de l’immobilisme, du conservatisme, un refus tranquille de faire bouger les choses, de quelque manière que ce soit.
Alors, quand je lis ici ou là que Jocelyne plaît (le roman rencontre un beau succès) car elle nous ressemble, j’ai le poil qui se hérisse. Parce que je n’aimerais pas du tout ressembler à cette femme d’un autre temps. Et parce que, au fond de moi (et tant pis si on me traite d’indécrottable idéaliste), je pense qu’il y a dans tous les milieux, même les plus modestes, des gens qui n’ont d’ordinaire que leur vie et qui seraient prêts à faire de grandes choses pour peu qu’on leur en donne les moyens. Des gens qui rêvent, imaginent, inventent. Le contraire de Jocelyne, quoi !

« La liste de mes envies », Grégoire DELACOURT
Editions J.C. Lattès (186 p)
Paru en mars 2012

P.S : siouplait, copines-blogueuses-qui-ont-aimé-ce-livre : PAS (trop) TAPER !

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“WE demain” numéro 1 : lu et approuvé !

C’est tout à fait par hasard que j’ai aperçu cette revue dans le bureau de presse de mon quartier et son thème aussi bien que sa maquette (la mise en page et l’iconographie sont superbes) m’ont tellement attirée que je n’ai pas hésité à débourser les 12€ nécessaires à son achat. Un achat que je ne regrette pas, d’autant que, pour une fois, au lieu de vous signaler la parution d’une revue que je commence juste à lire, j’ai attendu d’avoir parcouru celle-ci in extenso pour vous en parler (et chez moi ça relève quasiment du challenge vu le nombre de fois où j’ai acheté des magazines ou hors-série qui m’avaient tapé dans l’œil, lu quelques articles… pour les oublier ensuite gentiment dans un coin (mais impossible de m’en défaire, ils résistent même aux déménagements, des fois que je les lise un jour…)). Bref : « WE demain », je l’ai lu !
Et je peux vous dire que, par les temps actuels, chargés de morosité et manquant, surtout, de vision positive et constructive quant à notre avenir, une telle revue fait du bien !
Elle s’ouvre sur une interview de Jeremy Rifkin, qui expose ses thèses relatives à la troisième révolution industrielle (et ça tombait bien, puisque je suis justement en train de lire l’ouvrage qu’il lui a consacré). Au travers de ses différentes rubriques (Déchiffrer, Respirer, Regarder, Inventer, Bouger, Ralentir, Savourer, Partager), elle fait appel à notre intelligence, notre pragmatisme, notre curiosité et notre générosité. Elle nous interpelle en prospectant les voies de notre futur, ouvre des perspectives, nous fait découvrir des choses que nous ignorions (études, innovations, recherches en cours, initiatives diverses…), développe notre culture en la matière et, surtout, notre aptitude à nous projeter efficacement dans le monde de demain et à participer aux changements nécessaires, maintenant.
Alors, « WE demain », je vote pour ;) !

« WE demain – une revue pour changer d’époque », numéro 1
226 pages – 12 €
Paru en avril 2011

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